Economie

Mardi 10 mars 2009
L'Etat la voulait, l'Etat l'a accéléré! La fusion des deux établissements était dans les cartons depuis 2006 avec la création d'une filiale commune, Natixis. Mais la fusion tardait à être effective alors l'Etat, tout naturellement l'a légèrement poussé. La fusion donne aujourd'hui naissance au deuxième groupe bancaire Français, de quoi s'en réjouir. Malheureusement, l'Etat en voulant accélérer la machine, a laissé une tâche d'huile, en la personne de François Pérol, nouveau PDG opérationnel du groupe.

Cette fusion intervient alors que les deux sociétés ont publiés des bilans catastrophiques de l'année 2008. Alors, opportunité ou danger?

  • Les Caisses d'Epargne ont réalisé 8,4 milliards d'euros de produit net bancaire en 2008 contre 9,8 milliards en 2007. Mais malheureusement pour elle, en 2008 elle a enregistré la première perte de son histoire, 2 milliards d'euros contre un bénéfice de 1,4 milliards en 2007. La crise est passée par là et la déroute de Natixis également! Les Caisses d'Epargne c'est aussi 4770 agences, 51 200 salariés et 27 millions de clients!
  • La Banque Populaire quant à elle a réalisé 5,8 milliards d'euros de produit net bancaire en 2008 contre 7,4 milliards en 2007. Elle a enregistré une perte de 468 millions d'euros en 2008 conbtre 1 milliard d'euros de bénéfice en 2007. Le groupe possède un réseau de 3370 agences, 44 380 salariés pour seulement 9,4 millions de clients.
  • Ensemble, ils ont créé Natixis, en 2006, c'était un beau bébé mais rapidement il est devenu un poid pour les deux sociétés. Ainsi, Natixis réalisa 2,9 milliards d'euros de produit net bancaire en 2008 contre 7,2 en 2007! Mais le plus effrayant arrive, elle a enregistré en 2008 une perte de 2,8 milliards d'euros qui a dû être épongée par les deux sociétés. A noter qu'en 2007, Natixis avait tout de même dégagé un bénéfice de 1,1 milliard d'euros. Pour une société qui ne regroupe que 22 000 clients, c'est fort!
Donc la fusion intervient dans un contexte qui s'y prête, les deux groupes en ont besoin pour se renforcer mutuellement. Ainsi, cette fusion évitera des investissements étrangers douteux tout en créant un géant du secteur bancaire. Il est bon de ne pas justifier les pertes des Caisses d'Epargne par la seule compensation des pertes de Natixis. Car il ne faut pas oublier que les Caisses d'Epargne, pourtant banque familiale par excellence a fait les frais d'un trader fou en octobre dernier, 800 millions d'euros évaporés par quelques clics!
Mais cela ne justifie pas la mauvaise tactique adoptée par les deux sociétés, Natixis est né par la fusion des banques d'investissements des deux groupes. Or, Natixis s'est bien trop exposé sur le marché des Subprimes, l'image de la banque familiale a alors laissé la place à l'image du profit à tout va. Avec les conséquences que l'on connait...

L'Etat, en bon Samaritain paye la facture en accordant un prêt de 5 milliards d'euros au nouveau groupe crée. Mais comme l'Etat est endetté jusqu'à n'en pas finir, elle exige en contrepartie une participation de 20% dans le capital du groupe. Je suis favorable à cette décision, puisque dans la mesure où l'Etat accorde un prêt, important qui plus est à un établissement, il est normal que celui-ci cède des parts à son créancier. C'est ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis, pays du libéralisme forcené pourtant! Ainsi cette participation permettra à l'Etat de veiller sur l'activité de ce géant, ce qui n'est pas plus mal, étant donné que l'on connaît aujourd'hui les vices de ces établissements.

J'en arrive enfin au point le plus fâcheu, la nomination de François Pérol à la tête du groupe. Or, si cette nomination fait jaser c'est en raison de la proximité entre celui-ci et l'Elysée. En effet, le bon François était tout de même, le secrétaire général adjoint de l'Elysée! Mais à titre officieux, il est ministre de l'économie, en effet les principales mesures économiques c'est lui qui les met en musique, il ne reste plus qu'à la bonne Christine d'en informer les médias. Avant d'en arriver là, il a fait l'ENA, sûrement l'école la plus ennuyeuse qui soit, enfin cela ne l'a pas empêché de rejoindre la banque Rothschild, puis de finir conseiller économique du chef de l'Etat à 45 ans.
Seule tâche d'ombre, il a arbitré la création de Natixis avec le succès que l'on connaît. Mais cela n'empêche, qu'il est la personne la plus à même pour gérer le dossier. Car, personne n'est en droit de douter de ses capacités à gérer le nouvel ensemble, il est sûrement la personne la plus à même de le faire.
Là, ou le bas blesse c'est que Sarkozy avait annoncé sa nomination avant que la commission de déontologie ne se réunisse. Le plus gros défaut de notre président est sûrement celui de croire que ce que président veut, se fera, il a alors, le plus naturellement possible, éclipsé cette étape. Chose courante dans sa politique, je dois bien l'avouer.
Mais ce que je déplore le plus, c'est le fait que tout le monde est scandalisé par la forme et non le fond! Sous prétexte que le président a zappé une étape, il faudrait crucifier François Pérol! On se trompe de coupable là!
La commission finira bien par se réunir et statuer sur le sort de François Pérol, mais bien au delà, ce sont ses actions et résultats qui décideront de son avenir à la tête du groupe.
Par Jérémy
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Vendredi 6 mars 2009
Alors que la crise est omniprésente, le groupe pétrolier Français Total annonçait des bénéfices à la limite de l’insolence. Constituant par la même occasion, le plus important profit réalisé par une entreprise Française. Il est vrai que publier un bénéfice record de 14 milliards d’euros, n’est pas chose aisée pour toutes les entreprises.

Cette nouvelle provoqua de vives réactions sur la question, que doit-on faire des superprofits ? Doit-on taxer l’entreprise d’une manière exceptionnelle, ou la laisser gérer ses affaires comme bon lui semble ?

 Total ce n’est pas seulement 14 milliards d’euros de bénéfices en 2008, c’est aussi une entreprise de 96 000 salariés répartis dans 130 pays. C’est aussi un chiffre d’affaires qui a augmenté de 54% entre 2004 et 2008, c'est-à-dire la même progression que les bénéfices pour la même période. Impressionnant donc ! 14 milliards d’euros de bénéfices dont 5 qui iront directement dans la poche des actionnaires, mais avant de crier au loup il est nécessaire de préciser que les salariés bénéficient de l’intéressement et de la participation.

Mais d’où proviennent ces bénéfices ?

Sans vouloir faire ressurgir de vieux démons, il tient bon de rappeler que le prix du pétrole a flambé en 2008, atteignant les 150 dollars le baril. Cette hausse des prix fut d’actualité jusqu’à août dernier, puis crise oblige, le prix du baril s’est effondre atteignant même les 35 dollars ! Mais sur l’année 2008, le prix moyen était de 97 dollars le baril soit 25 dollars de plus qu’en 2007. 25 dollars supplémentaires sur chaque barils, ce n’est pas négligeable surtout quant on en produit 2,35 millions par an. L’autre raison vient du fait que le diesel a le vent en poupe, or les marges de raffinage sont bien plus élevés sur ce carburant.

 Total a le profil de l’entreprise idéale, cependant elle créée tout de même la polémique. Je vais alors donner mon opinion sur ces bénéfices records.

Total, en bonne entreprise Française, a son siège en France, les impôts sur les sociétés et sur les plus-values s’appliquent donc à elle. Autant dire que Total est déjà largement taxé ! Car qui dit bénéfices élevés, dit impôts très élevés ! Donc si l’on veut taxer encore d’avantages Total, c’est au risque qu’elle s’installe à l’étranger et adieu la vache à lait fiscale. Car il ne faut pas oublier, que rien ne retient Total sur le territoire Français, il n’y a pas de pétrole en France, donc elle n’y a presque aucune activité si ce n’est celle de la recherche, exploration. Il serait donc bien aisé pour Total de quitter la France que l’Arabie Saoudite. De plus, son installation au Luxembourg ou en Suisse lui serait profitable. Donc il ne faut pas taxer d’avantages Total !

 Ensuite, comme le disait le chancelier Allemand Kohl « Les profits d’aujourd’hui, sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ». Il est nécessaire que Total conserve le maximum de ses ressources pour faire face à l’avenir mais aussi pour investir. La taxer d’avantage c’est la pénaliser par rapport à ses concurrents et sur l’avenir. Car Total travaille actuellement sur l’après pétrole comme en atteste son rapprochement avec Areva dans les centrales nucléaires, et les énergies renouvelables. L’entreprise a donc besoin de ressources pour sa future reconversion qui doit être progressive. Elle a besoin de ses capitaux pour investir, pour extraire le pétrole toujours plus profondément, pour découvrir de nouvelles réserves, pour améliorer la sécurité de ses infrastructures et bien d’autres encore.

Si l’on applique la théorie des trois tiers à Total, on obtient la répartition suivante :
  •  4,5 milliards aux actionnaires sous formes de dividendes, or Total va en verser 5 milliards, elle est donc proche de ce qui est préconisé.
  •  4 ,5 milliards aux salariés, soit une prime de 46 680 euros par salariés pour l’année 2008, soit une prime mensuelle de 3890euros par salariés. Ce qui est tout à fait colossal vous en conviendrez.
  •  4,5 milliards d’euros dédiés aux investissements et à la sécurité budgétaire de l’entreprise, je trouve cela insuffisant pour préserver sa place dans l’industrie pétrolière.

 En revanche, je préconiserai à Total de se constituer d’un fond pour les catastrophes liées à son activité. Ainsi, les victimes d’AZF pourraient en profiter, tout comme les collectivités victimes de l’Erika. Cela ne peut, et ne doit pas rester impunie. Si Total consacrait 1% de son bénéfice à un tel fond, celui-ci aurait récolté pour l’année 2008, la coquette somme de 45 millions d’euros. De quoi indemniser nombres de victimes tout en préservant sa compétitivité, ses profits, et les dividendes aux actionnaires. Total a une activité à risque, elle doit donc les prendre en compte, de plus cela améliorerait son éthique.
Par Jérémy
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Dimanche 1 mars 2009
Notre président l'a annoncé il y a un mois de cela, la taxe professionnelle sera supprimée au nom de la restauration de la compétitivité de nos entreprises. Cette annonce a suscité comme à son habitude, une levée de boucliers de la part des élus locaux qui y voient, eux, la suppression d'une manne financière non négligeable.

Mais quelles seront les véritables conséquences de cette suppression?

- La taxe professionnelle, est un impôt payé par les entreprises en échange des infrastructures apportées les collectivités locales. Cette taxe professionnelle a représenté tout de même, la rondelette somme de 28 milliards d'euros pour les collectivités, l'essentiel (17milliards) est prélevé par les communes.

- Or la taxe professionnelle qui vit visiblement sa dernière année, ne sera pas remplacée et donc les 30 milliards non-plus... Cela obligera donc les collectivités locales à se serrer la ceinture, du moins je l'espère, car l'endettement des collectivités est inacceptable. Or leurs dépenses augmentent chaque année, augmentant dans la même mesure le budget national de façon déraisonnable pour un pays hyper-endetté. J'espère donc avec la plus grande ferveur que les communes, départements et régions tiendront compte de cette baisse de budget, car il n'est plus possible de laisser filer le déficit public et la dette publique sous prétexte que les générations futures payeront. Je pense sincèrement qu'il est nécessaire de faire l'effort budgétaire de la même manière que les Allemands l'ont fait en l'an 2000. Leur effort a certes duré 4 ans, mais en 2004 le pays revenait dans le positif et une puissance économique se doit de pouvoir amortir les variations de croissance, ses marges de manoeuvre en dépendront. Rien de plus aisé à comprendre dans le contexte actuel.

- De plus, la taxe professionnelle a bénéficié depuis de nombreuses années d'abattements successifs, la vidant à chaque fois un peu plus de son sens et de ses bienfaits. Sarkozy aura au moins eu le mérite, le courage de la supprimer, quitte à faire fondre les recettes de l'Etat. Je sais que mon discours est contradictoire mais comme Sarkozy l'a dit lui même : " C'est un impôt qui n'existe nul part ailleurs, s'il était véritablement utile, vous ne croyez qu'il serait copier à l'étranger? ", ça me rappelle quelque peu les 35 heures...
En effet, un impôt supplémentaire par rapport à nos compatriotes Européens n'a jamais attiré les entreprises. Celles qui étaient suffisamment folles pour tenter l'aventure Française voyaient leurs bénéfices imputés par l'impôt sur la valeur ajoutée et par la taxe professionnelle. Rien de bien encourageant pour une multinationale. De plus, la suppression de cette taxe, permettra mécaniquement une hausse des recettes fiscales liées à l'impôt sur le bénéfice. Peut-être, je dis bien peut-être, que la suppression d'un impôt sur les entreprises permettra d'en amener de nouvelles, mais là je suis un brin utopique... L'attractivité Française et sa compétitivité ne se résume pas à un impôt, malheureusement...

- Mais surtout, cette suppression annonce et avec quel retentissement, un remodelage de notre paysage locale et de son fonctionnement. Ce n'est pas pour rien si la commission Balladur sur la réforme de nos collectivités sera rendu la semaine prochaine. Il s'agit de rédéfinir les compétences de chacun, d'en supprimer certain? Je l'espère mais je n'y crois guère. Il faut tout de même savoir que 150 000 fonctionnaires des directions centralisées effectueraient des tâches concurrentes à celles des collectivités. Mais la suppression de la taxe professionnelle provoquera surtout une réforme de la fiscalité locale, celà reste encore à définir mais peu de chance subsite pour que ce soit bon pour notre portefeuille.

Je pense que cette suppression est une bonne chose mais je redoute que ce soit une décision hâtive sans véritable plan derrière. Cette mesure devra donc faire ses preuves.

Par Jérémy
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