Dimanche 7 juin 2009
Un mur en ciment sépare désormais la ville de San Isidro et celle de San Fernando, en Argentine. La raison officielle : San Isidro veut se protéger de l'insécurité qui serait dû à la ville voisine. La raison officieuse : cacher la pauvreté aux yeux des habitants de la riche ville de San Isidro.

Le mur de la discorde a une hauteur de 4 mètres et s'étale sur plusieurs centaines de mètre. Malgré leur proximité, ces deux villes contrastent par leur architecture. San Isidro arbore fièrement ses villas et San Fernando assume ses quartiers ressemblant  à des bidonvilles. Les uns convoitent leurs voisins, les autres les redoutent... Le mur en fut ainsi.

Bien plus qu'un simple mur, nous pouvons y voir une ghettorisation des pauvres. Ce qui est tout bonnement impensable, injuste, immoral, répugnant. Pourtant, tout ces habitants sont Argentins, ils arborent le même drapeau quand leur équipe de football gagne, chantent le même hymne, ont versé les mêmes larmes durant la dictature. Mais seuls leurs revenus et le hasard de la naissance les oppose, nous sommes bien loin du mur de la honte Berlinois qui confrontait deux systèmes, deux idéologies.
Cette division est symptomatique d'une croissance trop rapide ces dernières années. Face à cela, la politique sociale n'a pas suivi. La croissance et la grandeur Argentine fut privilégiée au dépend d'une tranche de la population, la plus faible car la plus pauvre et ce malgré un gouvernement socialiste. La situation peut faire penser à la Chine durant ses Jeux Olympiques, qui avait placardé ses quartiers pauvres et renvoyé leurs habitants dans les campagnes. D'un point à l'autre du globe, une croissance trop rapide est - trop - souvent synonyme de délaissement des plus pauvres et d'un enrichissement massif d'une minorité.
Cette discrimination est indigne, mais à au moins l'avantage d'être visible, et donc criticable. Car, si un mur sépare les plus pauvres des plus riches, il en est pas tellement autrement dans la France du XXIème siècle. Les plus riches se rassemblent, puis se cloîtrent dans des villes qui ne voient qu'eux. Ainsi du haut de leur villas, ils peuvent apercevoir les immeubles, mais eux de la commune d'en face, ou cohabitent toute une famille dans un espace grand comme la salle de bains de ces villas. Système plus acceptable, mais aussi plus hypocrite, c'est la France, dont le système de protection sociale est vantée partout, mais qui, lui aussi s'appauvrit.
La fracture sociale, matérielle ou non, est l'un des enjeux du XXIème siècle.

P.S : La présidente Argentine Kristina Kirchner a demandé la suspension des travaux. Mais au delà de ces paroles, ce mur a illustré d'une façon remarquable, une situaiton qui elle, est déplorable.

Deux enjeux subsistent dans toutes sociétés : favoriser la richesse et réduire la pauvreté, ce qui voudrait dire augmenter la richesse des plus riches et rendre plus supportable la misère des plus pauvres.

Par Jérémy - Publié dans : International - Communauté : Pour un monde meilleur
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