Alors que la crise est omniprésente, le groupe pétrolier Français
Total annonçait des bénéfices à la limite de l’insolence. Constituant par la même occasion, le plus important profit réalisé
par une entreprise Française. Il est vrai que publier un
bénéfice record de 14 milliards d’euros, n’est pas chose aisée pour toutes les entreprises.
Cette nouvelle provoqua de vives réactions sur la question, que doit-on faire des superprofits ? Doit-on taxer l’entreprise d’une manière exceptionnelle, ou la laisser gérer ses affaires comme bon
lui semble ?
Total ce n’est pas seulement
14 milliards d’euros de bénéfices en 2008, c’est aussi une entreprise de 96 000 salariés répartis dans 130 pays. C’est aussi un chiffre d’affaires
qui a augmenté de 54% entre 2004 et 2008, c'est-à-dire la même progression que les bénéfices pour la même période. Impressionnant donc !
14 milliards d’euros de bénéfices dont 5 qui iront
directement dans la poche des actionnaires, mais avant de crier au loup il est nécessaire de préciser que les salariés bénéficient de l’intéressement et de la participation.
Mais d’où proviennent ces bénéfices ?
Sans vouloir faire ressurgir de vieux démons, il tient bon de rappeler que le prix du pétrole a flambé en 2008, atteignant les 150 dollars le baril. Cette hausse des prix fut d’actualité jusqu’à
août dernier, puis crise oblige, le prix du baril s’est effondre atteignant même les 35 dollars ! Mais sur l’année 2008, le prix moyen était de 97 dollars le baril soit 25 dollars de plus qu’en
2007. 25 dollars supplémentaires sur chaque barils, ce n’est pas négligeable surtout quant on en produit 2,35 millions par an. L’autre raison vient du fait que le diesel a le vent en poupe, or les
marges de raffinage sont bien plus élevés sur ce carburant.
Total a le profil de l’entreprise idéale, cependant elle créée tout de même la polémique. Je vais alors donner mon opinion sur ces bénéfices records.
Total, en bonne entreprise Française, a son siège en France, les impôts sur les sociétés et sur les plus-values s’appliquent donc à elle. Autant dire que
Total est déjà largement taxé
! Car qui dit bénéfices élevés, dit impôts très élevés ! Donc si l’on veut taxer encore d’avantages
Total, c’est au risque qu’elle s’installe à l’étranger et adieu la vache à lait fiscale.
Car il ne faut pas oublier, que rien ne retient
Total sur le territoire Français, il n’y a pas de pétrole en France, donc elle n’y a presque aucune activité si ce n’est celle de la
recherche, exploration. Il serait donc bien aisé pour
Total de quitter la France que l’Arabie Saoudite. De plus, son installation au Luxembourg ou en Suisse lui serait profitable. Donc il ne
faut pas taxer d’avantages
Total !
Ensuite, comme le disait le chancelier Allemand
Kohl «
Les profits d’aujourd’hui, sont les investissements de demain et les emplois
d’après demain ». Il est nécessaire que
Total conserve le maximum de ses ressources pour faire face à l’avenir mais aussi pour investir. La taxer d’avantage c’est la pénaliser
par rapport à ses concurrents et sur l’avenir. Car
Total travaille actuellement sur l’après pétrole comme en atteste son rapprochement avec Areva dans les centrales nucléaires, et les
énergies renouvelables. L’entreprise a donc besoin de ressources pour sa future reconversion qui doit être progressive. Elle a besoin de ses capitaux pour investir, pour extraire le pétrole
toujours plus profondément, pour découvrir de nouvelles réserves, pour améliorer la sécurité de ses infrastructures et bien d’autres encore.
Si l’on applique la théorie des trois tiers à
Total, on obtient la répartition suivante :
- 4,5 milliards aux actionnaires sous formes de dividendes, or Total va en verser 5 milliards, elle est donc proche de ce qui est préconisé.
- 4 ,5 milliards aux salariés, soit une prime de 46 680 euros par salariés pour l’année 2008, soit une prime mensuelle de 3890euros par salariés. Ce qui est tout à fait colossal vous en
conviendrez.
- 4,5 milliards d’euros dédiés aux investissements et à la sécurité budgétaire de l’entreprise, je trouve cela insuffisant pour préserver sa place dans l’industrie pétrolière.
En revanche, je préconiserai à
Total de se constituer d’un fond pour les catastrophes liées à son activité. Ainsi, les victimes d’
AZF pourraient en profiter, tout comme les
collectivités victimes de l’
Erika. Cela ne peut, et ne doit pas rester impunie. Si
Total consacrait 1% de son bénéfice à un tel fond, celui-ci aurait récolté pour l’année 2008, la
coquette somme de 45 millions d’euros. De quoi indemniser nombres de victimes tout en préservant sa compétitivité, ses profits, et les dividendes aux actionnaires.
Total a une activité à
risque, elle doit donc les prendre en compte, de plus cela améliorerait son éthique.
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