Notre président l'a annoncé il y a un mois de cela, la
taxe professionnelle sera supprimée au nom de la restauration de la compétitivité de nos entreprises. Cette annonce a suscité comme à
son habitude, une levée de boucliers de la part des élus locaux qui y voient, eux, la suppression d'une manne financière non négligeable.
Mais quelles seront les véritables conséquences de cette suppression?
-
La taxe professionnelle, est un impôt payé par les entreprises en échange des infrastructures apportées les collectivités locales. Cette
taxe professionnelle a représenté tout de
même, la rondelette somme de 28 milliards d'euros pour les collectivités, l'essentiel (17milliards) est prélevé par les communes.
- Or la
taxe professionnelle qui vit visiblement sa dernière année, ne sera pas remplacée et donc les 30 milliards non-plus... Cela obligera donc les
collectivités locales à se
serrer la ceinture, du moins je l'espère, car l'endettement des collectivités est inacceptable. Or leurs dépenses augmentent chaque année, augmentant dans la même mesure le budget national de façon
déraisonnable pour un pays hyper-endetté. J'espère donc avec la plus grande ferveur que les communes, départements et régions tiendront compte de cette baisse de budget, car il n'est plus possible
de laisser filer le déficit public et la dette publique sous prétexte que les générations futures payeront. Je pense sincèrement qu'il est nécessaire de faire l'effort budgétaire de la même manière
que les Allemands l'ont fait en l'an 2000. Leur effort a certes duré 4 ans, mais en 2004 le pays revenait dans le positif et une puissance économique se doit de pouvoir amortir les variations de
croissance, ses marges de manoeuvre en dépendront. Rien de plus aisé à comprendre dans le contexte actuel.
- De plus,
la taxe professionnelle a bénéficié depuis de nombreuses années d'abattements successifs, la vidant à chaque fois un peu plus de son sens et de ses bienfaits.
Sarkozy
aura au moins eu le mérite, le courage de la supprimer, quitte à faire fondre les recettes de l'Etat. Je sais que mon discours est contradictoire mais comme
Sarkozy l'a dit lui même : "
C'est un impôt qui n'existe nul part ailleurs, s'il était véritablement utile, vous ne croyez qu'il serait copier à l'étranger? ", ça me
rappelle quelque peu les 35 heures...
En effet, un impôt supplémentaire par rapport à nos compatriotes Européens n'a jamais attiré les entreprises. Celles qui étaient suffisamment folles pour tenter l'aventure Française voyaient leurs
bénéfices imputés par l'impôt sur la valeur ajoutée et par la
taxe professionnelle. Rien de bien encourageant pour une multinationale. De plus, la suppression de cette taxe, permettra
mécaniquement une hausse des recettes fiscales liées à l'impôt sur le bénéfice. Peut-être, je dis bien peut-être, que la suppression d'un impôt sur les entreprises permettra d'en amener de
nouvelles, mais là je suis un brin utopique... L'attractivité Française et sa compétitivité ne se résume pas à un impôt, malheureusement...
- Mais surtout, cette suppression annonce et avec quel retentissement, un remodelage de notre paysage locale et de son fonctionnement. Ce n'est pas pour rien si la commission Balladur sur la
réforme de nos collectivités sera rendu la semaine prochaine. Il s'agit de rédéfinir les compétences de chacun, d'en supprimer certain? Je l'espère mais je n'y crois guère. Il faut tout de même
savoir que 150 000 fonctionnaires des directions centralisées effectueraient des tâches concurrentes à celles des collectivités. Mais la
suppression de la taxe professionnelle provoquera
surtout une réforme de la fiscalité locale, celà reste encore à définir mais peu de chance subsite pour que ce soit bon pour notre portefeuille.
Je pense que cette suppression est une bonne chose mais je redoute que ce soit une décision hâtive sans véritable plan derrière. Cette mesure devra donc faire ses preuves.
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